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PETITE CHRONIQUE AIGUË DU TERRIER EXIGU. 16.
De bric et de broc, de tout et de rien, cahin – caha ...
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RETOUR DES LAPIDIALES ET FRACASSANT ANNIVERSAIRE,
Ou comment trouver de sérieuses raisons de se réjouir de n'avoir vécu pire...
... En ce vingt quatre août de sinistre mémoire où les bons catholiques déclenchèrent un grand massacre de protestants, peu après Henri IV, la nuit de la Saint Barthélémy ...
... C'est l'éternel problème de toute les "bonnes" ... "fois" ...
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l'air du matin est vif, il a plu dans la nuit et les couleurs sont vives ...
La pluie orageuse a chassé la poussière, les oiseaux piaillent en nombre, la belle vallée vit.
Je longe la Charente, remontant en amont, en roulant doucement je me remplis les yeux de toute la verdure éclatant au soleil en pensant bien fort que les moments qu'on vit sont uniques, à saisir.
Traversant Taillebourg en songeant au passé méconnu et chargé de la vieille cité, au Turpin saintongeais, cet antique grimoire situant en ce lieu le carolingien « miracle des lances fleuries », qui, plantées dans le sol, se virent reverdir, je flâne en traînant, tous les sens en éveil...
La bonne ville de Saintes est toujours accueillante, physiquement riante en hiver comme été.
Elle aussi évocatrice d'un passé très lointain, le sien d'abord, bien sûr, mais maintenant le mien, peuplé de ses fantômes d'amis disparus...
Un détour chez les romains et c'est l'amphithéâtre, le grand arc votif du vieux Germanicus, gaulois romanisé du début de notre ère et qui servait de porte d'entrée de la ville au beau milieu d'un pont qu'on eût aimé garder...
Le « groupe-cathédrale » n'a gardé que son coeur, au choeur couvert en zinc pour cause de pauvreté, attendant patiemment de livrer ses secrets depuis longtemps enfouis...
Sainte-Eutrope la fière, église dominant les vestiges vaincus de présence romaine, vit passer en son temps bien plus de pèlerins qu'un phare de pélicans !..
C'est les doigts un peu gourds que je m'arrête enfin pour un café tranquille sur une petite terrasse ensoleillée et déserte, à deux pas à peine du grand fleuve calme dont on sent la fraîcheur.
Patronne truculente, fumant comme un pompier, à la voix caverneuse d'un être d'outre-tombe, maquillage évoquant les impressionnistes au matin, peut-être Dali le soir, habitués du coin soutenant le comptoir :
Un nid d'humanité descendant des gaulois...
Demandant le journal, j'essuie un « il est prit. »
Me retournant alors, je le vois, le journal, sous le coude d'un client qui me le prête volontiers, attablé à discuter avec trois vieux copains.
Je feuillette la presse quand arrive le facteur, sombre et professionnel, entrant dans le bar d'un pas bien décidé.
Il a garé en plein milieu de la terrasse son beau cyclomoteur, non loin de ma vieille moto, et ne fait pas hélicoptère...
Très gênée, la matronne vient me quémander le journal pour le facteur, tentant de négocier les pages que j'ai lues.
Je le lui donne entier en souriant et elle revient aussitôt, me tendant pêle-mêle « The Times » et le « Canard enchaîné »:
Je n'ose lui demander « Pif-Poche » et « Mickey », et la remercie très chaleureusement.
Me voici donc au coeur de la vieille cité, à peu de distance des antiques ateliers de potiers et verriers, lisant un journal anglais que je n'ai pas souhaité, savourant le moment de prendre tout le temps, me sentant en vacances, libre de mouvement.
Je continue ma route en suivant à peu près l'antique voie romaine qui allait en Espagne...
Un poids lourd me dépasse alors qu'il ne peut pas normalement le faire, me forçant à rouler sur un accotement...
Plus loin, une voiture, qui m'a bien vu venir, me coupera la route au moment où j'arrive ...
Et puis encore une autre, au milieu d'un rond-point...
Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse...
C'est la fameuse histoire aussi des pots de terre et fer.
« Selon que vous serez puissant ou misérable... »
La jeune fille et ses compagnons descendaient du moulin à vent du Cluzelet.
Arrivés au stop, ils regardèrent longuement passer devant eux la voiture qui venait de leur gauche puis démarrèrent vivement aussitôt après pour traverser la longue rue très passante menant aux Antilles de Jonzac, afin de descendre dans la rue d'en face...
Devinez QUI a eu la malchance d'arriver au mauvais endroit au mauvais moment ?.. Eh oui !
Une seconde a suffit.
Le temps que les jeunes gens contemplent la voiture qu'ils laissaient passer, j'avais tranquillement franchi les cent mètres depuis le dernier rond-point et arrivais devant eux quand ils m'ont bondi dessus ou plutôt par devant :
Dessus c'était possible, mais je ne serais alors probablement plus là pour vous le raconter, leur voiture ayant stoppé plusieurs mètres après...
Très vite les pompiers arrivent, en à peine cinq minutes, les gendarmes aussi.
Coincé sous la moto sans pouvoir en bouger, tout le côté droit salement emmoché, surtout la main droite et je suis droitier...
Ma caisse de quarante kilos d'outillage à sculpter n'a pas bronché, bien fixée qu'elle était.
L'histoire finit bien, aurait pu être pire :
Un choc à trente à l'heure est bien dévastateur, je n'ose imaginer à quatre vingt à l'heure ...
La route est bien souvent un méchant casino où qui veut y gagner toujours finit par perdre, mais pas toujours tout seul, hélas pour tous les autres.
( Je vous remercie très très très chaleureusement pour tous vos messages et commentaires qui mettent bien du baume au coeur !!!
Je tape lentement avé DEUX mains gauches, mais çà va aller !
Ultréïa ! Plus oultre et gardons MOULT LA FRiiiiiiiiiiTE !!! )